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La plupart d’entre eux placent pour cela la roue arrière de leur vélo sur un banc leur permettant de pédaler sur place. Mais devant leurs bus installés dans le virage qui monte au cœur du village, les équipes comme Sky (Chris Froome) et Astana (Vincenzo Nibali) démontent la roue arrière pour l'installer sur une machine. "L’engin communique et remonte les informations de puissance et de vitesse, explique Patrice Esnault, ancien cycliste professionnel qui compte 5 participations au tour de France entre 1986 et 1993. Les équipes peuvent également simuler des parcours en programmant la résistance opposée par la machine." Le moteur peut exercer une résistance de 2200 W maximum et simuler de manière réaliste une pente jusqu’à 25% ou différents revêtements de route (bitume, pavés, graviers…) explique la société néerlandaise Tacx à l’origine de cette innovation. Les données relatives aux performances du coureur qui l’utilise sont transmises à un smartphone, un ordinateur ou une montre via ANT+ et Bluetooth.

Un peu plus haut, l'analyse fine des vélos de l'équipe Katusha révèle une petite différence avec ceux de leurs concurrents : l'absence de câbles reliés aux dérailleurs. Si tous les coureurs ont depuis maintenant 5 ou 6 ans les changements de vitesses électriques proposés par Shimano ou Campagnolo, ceux de l'équipe russe comme ceux d'AG2R (Romain Bardet) ont opté cette année pour une innovation signée de l'entreprise américaine Sram : un dérailleur sans fil, utilisant le protocole wireless propriétaire Airea pour faire changer les vitesses, à l'avant comme à l'arrière. Si le gain en poids n'est pas évident (une batterie est nécessaire), Sram assure que l'avantage réside dans la simplicité d'usage. Cela permet aussi à l'entreprise américaine d'exister sur ce marché verrouillé en contournant les brevets de Shimano et Campagnolo.

Le système présente également un intérêt pour les mécaniciens qui n'ont plus à se préoccuper des câbles explique Jonathan Fazan, responsable du service course chez l'équipe suisse IAM Cycling (qui n'a pas encore adopté ce système, mais qui y réfléchit), installée plus bas, vers le Rhône. Les vélos qu'il déplace et prépare quotidiennement sont tous, comme ceux des autres équipes, dotés d'un pédalier SRM avec capteur de puissance. "Il mesure la déformation de la manivelle avec une précision de l'ordre du micromètre et envoie ces données par ANT au compteur qui est sur le guidon, explique le technicien. Celui-ci transforme ces informations en puissance (watts) et en couple (n.m)." Le cycliste connait la puissance qu'il doit développer en fonction du parcours pour être bien et celle qu'il ne doit pas dépasser pour ne pas se mettre dans le rouge. "Pour l'instant seul le coureur peut avoir l'info en temps réel, la transmission est interdite, reprend Jonathan Fazan. Mais cela va peut-être changer, les médias poussent pour en disposer." En attendant, les directeurs sportifs téléchargent les données de leurs coureurs après les étapes et peuvent en tirer des analyses. "C'est beaucoup plus précis que le suivi à la sensation ou au cardio d'avant, car ces paramètres évoluaient avec la course", se souvient Patrice Esnault.

INTERACTIONS AVEC LES FANS
Depuis le tour 2015, toutes les selles sont également équipées d'un tracker GPS. "Cela marchait mal l'année dernière, cela marche mieux cette année, témoigne Jonathan Fazan. L'intérêt est surtout pour le téléspectateur mais les équipes pourraient l'utiliser pour connaitre les positions des concurrents ou les compositions des groupes… Mais pour ces infos comme pour les données physiologiques, l'UCI (Union cycliste internationale) freine, pour que l'humain prime sur la machine." En remontant la rue, derrière les bus du maillot jaune et des autres coureurs de la Sky, installés sur une petite place à l'ombre des arbres, les coéquipiers du principal concurrent de Chris Froome, Nairo Quintana (Movistar) font également chauffer les pédales. Pour Juan Pablo Molinero, le CMO de l'équipe : "En F1, on peut presque conduire la voiture depuis les stands mais le cyclisme ça reste un coureur sur un vélo et la transformation digitale est davantage notable sur la communication que sur les performances. Plus d'un million de personnes nous suivent désormais sur les réseaux sociaux, cela a changé nos interactions avec nos fans et nos activités commerciales." Pour lui comme pour d'autres professionnels croisés sur le circuit, la prochaine révolution sera sur la télévision avec une diffusion des courses en direct en 3D et à 360° depuis des caméras installées sur les athlètes ou leur monture.

Déjà, pour que tous les fans de cyclisme autour du monde suivent la course la plus prestigieuse de l'année, le déploiement technologique est impressionnant. 40 techniciens d'Orange (auxquels s'ajoutent 10 chauffeurs de camions pour transporter les 12 tonnes de matériel), installent chaque jour l'infrastructure nécessaire à la diffusion de la course aux quatre coins de la planète. En 2015, 2000 personnes avaient été accréditées pour couvrir l'événement. Pour cela, au-delà du wifi dans huit zones et des 750 points de chronométrage ADSL, l'opérateur français partenaire de la course met à disposition des médias 2,3 Gbit/s de débit à l'aide de 80 kilomètres de fibres optiques. "C'est comme équiper un village de 500 personnes tous les jours, explique Henri Terreaux, Directeur Évènementiel chez Orange Business Services. Sauf qu'en plus on ne nous donne pas de plan, les 150 camions des chaines de télé s'installent où ils veulent et ils doivent pouvoir envoyer des images même si nous sommes au milieu de rien et qu'il fait un temps exécrable."

Et quand l'organisateur de la course (ASO) décide d'annuler l'arrivée en haut du Mont Ventoux pour cause de vent comme il l'a fait ce 13 juillet pour la 12e étape, les équipes d'Orange passent la nuit à descendre 6 kilomètres de câble de fibre optique jusqu'à la nouvelle ligne d'arrivée. Ça c'est du sport !
Ex-directeur commercial de relaxnews et de My Little Paris, Thomas Barret a décidé en 2015 de créer son entreprise. Ambition : ré-enchanter nos matins, avec sa gamme d’accessoires siglés The Morning Company. Chose peu commune, il choisit dès le début de son aventure de tenir un carnet de bord, afin de partager ses premiers pas et ses péripéties d’entrepreneur. L’Usine Digitale publie, chaque semaine, ses récits. Allez. Encore quelques gorgées. Après j’arrête. C’est décidé. A la fin de cette bière, je lâche mon clavier, je ferme mon ordinateur, et je lance très officiellement mes Vacances d’été 2016.

Mais avant cet événement – majeur dans mon existence – je vais profiter de mes dernières minutes de sobriété relative pour faire un rapide bilan de ces 6 premiers mois de 2016. 2. Je constate que cette aventure est toujours aussi plaisante, intéressante, stimulante et non-rémunératrice qu’au début. Donc je continue avec plaisir… à manger des sandwichs.
3. J’ai sorti 3 nouveaux produits, ce qui est moins qu’espéré. Je suis néanmoins fier de ces petits nouveaux, et tout particulièrement de Proust. Reste qu’il faut arriver à accélérer la cadence. Les (bonnes) idées ne manquent pourtant pas.
4. J’ai aussi sorti un livre, un vrai, un beau. C’est pas une fin en soi, mais quand même, ça fait plaisir. Sauf peut-être à mon fils, qui doit en avoir marre que je lui lise les aventures de son père chaque soir pour l’endormir.
5. La communication, c’est compliqué : les RP et les pop-up stores, ça marche (un peu). Les pubs (Facebook et Google), ça ne marche pas (du tout). Reste encore des pistes à tester... dont les collaborations avec d’autres marques. Work in progress.
6. 55 000 euros : voilà une petite levée de fonds qui aura fait du bien aux finances de The Morning Company. Et sur le fond à mon projet plus globalement, malgré les contrariétés que j’ai pu vivre à cause d’elle (Quoi, je suis pas scalable ? Et alors ? Hein ?).

7. On peut boire 30 cafés par semaine pendant 18 mois et ne pas avoir d’attaque cardiaque. Je peux maintenant l’affirmer empiriquement.
8. J’ai trouvé des camarades de galères et d’ambitions, qui avaient envie eux aussi de s’entraider et de grandir : et c’est comme ça qu’est née LaFrenchLuxe. Un peu de collectif, ça fait toujours du bien.
9. Le développement de la distribution physique est plus lent que prévu : les quelques points de vente que je vise sont saturés d’offres, et il est difficile d’émerger. C’est un peu comme le chiffre d’affaires : quand ça n’avance pas assez vite, il faut être patient et ne rien lâcher. Et reprendre une p’tite pression.
10. Je continue de chercher des pistes de développement complémentaires, pour ré-enchanter le matin de chacun – à l’image du service Météo-Tom, testé pendant 10 jours auprès de 280 personnes.

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