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Cette neutralité et cette simplicité ont fait du mail un formidable outil de transformation des entreprises, contribuant à décupler leur capacité de travail à distance et à aplanir leur organisation. Grâce au mail, l’entreprise ne sera jamais plus comme avant.
Ce bouleversement a son revers : si tout le monde peut vous écrire sans aucun filtre ni contrôle, votre boîte mail devient vite saturée et par conséquent inutilisable. Depuis les années 2000, le mail est accusé de tous les maux, comme un symbole de l’asservissement auquel les “nouvelles technologies” nous condamnent en tant que salarié, consommateur voire individu. Nous vivons dans un enfer de notifications, et c’est pour cette raison que les gens détestent le mail. Des chercheurs ont démontré que chaque fois que l’on reçoit une notification et qu’on l’a regardé, il faut 64 secondes avant de pouvoir se remettre à la tâche en cours. Pourtant, notre comportement est loin d’être celui d’une victime passive et sans défense. Non seulement nous ne désactivons pas ces notifications, mais nous passons littéralement tout notre temps à “checker” nos mails, statuts et autres “fils d’actualité” sur nos PC et smartphones.

L’Université de Californie a mis en évidence que les “cols blancs” consultaient en moyenne 77 fois par jours leurs mails (pour une journée de dix heures ça fait une consultation toute les 8 minutes…Et ce, même le week-end et pendant les vacances. Pourquoi une telle frénésie ? Selon Stewart Butterfield le fondateur de Slack, 80% des mails dans l’entreprise ne proviennent pas d’une personne mais de “robots”, ceux qui nous envoient confirmation, reçus, factures, newsletters…Résultat, la peur de manquer quelque chose (“FoMO, fear of missing out”) nous pousse à vérifier sans relâche notre boîte mail. Et l’absence de filtres nous condamne à tout avaler sans discernement.

Il est devenu tendance dans les entreprises de prétendre réduire, voire supprimer le mail. La nature ayant horreur du vide, ces entreprises entendent le remplacer par d’autres solutions : des logiciels comme IRC et Basecamp (chez les développeurs), Trello, Yammer ou encore Slack sont parées de toutes les vertus pour transformer l’entreprise. Travailler en équipe sans hiérarchie, sans bureaucratie, sans réunion, sans barrière ni silo, sur des documents partagés, dans un flux continu d’information que vous êtes libre de rejoindre ou de quitter… Telle est la promesse de ces solutions. Cerise sur le gâteau, elles sont généralement fournies en “mode SaaS”, c’est à dire sans installation ni barrière d’accès autre qu’une identification et un mot de passe. Finies les mises à jour pénibles du passé. Petit à petit, dans la sphère pro et surtout privée, ces apps dites collaboratives ont remplacé une partie de nos mails.

On voit bien l’ampleur du changement. La situation est-elle stabilisée ? Ou de nouvelles mutations sont attendues ?
Une nouvelle mutation se prépare dans la lumière avec les projecteurs LED qui apparaissent actuellement, sur les plateaux de télévision. La même quantité d’électricité n’est plus nécessaire pour éclairer un film, et ces nouveaux projecteurs ont une très grande autonomie. C’est une révolution pour notre métier qui va changer la manière dont nous tournons. Quand je vais, comme cela m’arrive, tourner dans le désert, avoir de la lumière autonome va complètement changer les conditions et l’économie du tournage. Le travail va être simplifié aussi sur les grands plateaux.

Dans la photographie, on voit des jeunes formés au numérique prendre des cours d’argentique pour revenir en quelque sorte à l’essence de leur métier. Observe-t-on la même chose dans votre métier ?
Avec le numérique, l’image finale des films s’est standardisée. Ils ont tous la même qualité d’image, quand avec l’analogique on pouvait reconnaître la pâte d’un chef opérateur. Pour les jeunes, qui trouvent un métier pas très ouvert, passer par l’argentique peut être un moyen de trouver un truc pour se singulariser, pour développer leur personnalité. Donc, oui, certains travaillent l’argentique même s’ils sont des experts du numérique.

Mais alors quel est le lien entre ce renouveau pédagogique et ce hall où un groupe d’étudiants s’affaire autour d’une planche et deux tréteaux recouverts de plusieurs centaines de souliers féminins nichés à proximité de lunettes de soleil et d’une imprimante 3D. Fabio, étudiant de l’ESCP en entrepreneuriat et participant à cette journée, résume la démarche de son équipe (ils sont quatre, lui compris). Nous travaillons sur la thématique fablab et production locale, que nous voudrions appliquer au monde de la mode. Aujourd’hui, nous espérons créer un début de réseau sur ces thèmes, explique-t-il. En attendant, les premiers essais de l’imprimante 3D débutent. D’ici quelques minutes, des montures de lunettes en 3D seront produites, assure Fabio. De quoi révolutionner le monde de la mode;

Un peu plus loin, c’est un amoncellement de palettes qui voisine avec une flopée de flacons et des semis. Voici l’atelier alimentation durable ou comment renouer avec la nature, nous précise une jeune fille entourée d’un quator d’étudiantes et étudiants. Les thèmes de la quinzaine de stands présents sont reliés aux tendances de la société du moment, précise Sylvain Bureau. Bienvenue dans le monde des entrepreneurs qui, rappelle Sylvain Bureau, ont des projets qui ont un impact sur le réel, avec la volonté de le changer. Pour lui, parler d’entreprenariat social est un quasi pléonasme. Les grands enjeux entrepreneuriaux ont toujours des enjeux hors business. Quand on crée AirBnb, Uber ou Facebook, on a un impact sur toute la société. C’est vrai pour toutes les entreprises, explique Sylvain Bureau. Pour lui, un entrepreneur veut toujours changer le monde, une vision que n’aurait sûrement pas reniée Peter Drucker (le chantre de l’entrepreneuriat venu des business school américaines) ou l’économiste autrichien Schumpeter qui n’a pas seulement écrit un jour l’expression destruction créatrice mais aussi des pages capitales sur le rôle de l’entrepreneur dans les économies capitalistes. Mais ceci est une autre histoire.

LE GREENWASHING TRANSFORMÉ EN OEUVRE D'ART
Retournons à l’Avenue de la République et à ses étudiants disruptifs. Pour les former à leur métier, des cours sont bien dispensés mais la moitié d’entre-eux ne portent pas sur des matières liés au business. Sylvain Bureau en est convaincu : on devient autant sinon plus entrepreneur en lisant Peter Drucker justement qu’en visitant un atelier d’artiste ou une exposition. Alors plutôt que de multiplier épreuves de contrôle continu et examens terminaux assortis éventuellement d’un mémoire, la pédagogie du certificat commence avec l’élaboration d’une œuvre d’art. Les étudiants ont quelques jours pour réaliser une opération originale.

Le sous-texte est clair : créer une entreprise, c’est comme créer une œuvre d’art, réaliser quelque chose d’inédit à partir de rien, s’inspirer de ce qui existe déjà pour trouver la voie de sa singularité. Sur le stand Alimentation durable, les étudiants sortent leur ordinateur pour montrer le film très amusant qu’ils ont réalisé à cette occasion. Une fausse publicité pour un biomisateur. Reprenant tous les codes de la publicité qu’ils détournent joyeusement, ils ont inventé une sorte de de bombe aérosol dont le contenu magique transforme en produit bio les pires avatars chimiques, jusqu’aux pollueurs professionnels.



Mais il ne s’agit pas seulement de rire. Aujourd’hui, l’équipe compte rapprocher l’alimentation durable des étudiants, en proposant notamment de construire le potager de l’ESCP Europe, sur les fameuses palettes. Pour ce stand, l’équipe a fait travailler l’économie circulaire, récupérant ici ou là, mais aussi en finissant quelques achats (le minimum assurent-ils). Ils ont aussi noué des partenariats avec Leroy Merlin, Optimiam, une appli anti gâchis alimentaire, ou l’association les retoqués. La capacité de trouver des partenaires fait partie des critères d’évaluation, précise Sylvain Bureau. Parmi les autres critères figurent aussi l’implication des équipes, et prise de risque oblige, la capacité à rebondir en cas d’échec. Certaines équipes s’effondreront peut être, mais peu importe, ce qui compte pour nous c’est ce qu’ils en tirent comme leçon, poursuit Sylvain Bureau.