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Tout le monde veut récupérer cette mine d'or : des données d'une pureté (car générées automatiquement et en continu) et d'une précision inégalées. Pour les marques, c'est la promesse de savoir très précisément ce que font leurs clients avec leurs produits, explique Alban Clochet, du cabinet spécialisé Labcity. Avec des objets connectés, elles se positionnent dans la dernière brique, au plus près des consommateurs. Ce qui permet de segmenter plus uniquement à partir de critères socio-démographiques, mais sur la base de facteurs totalement quantifiables et personnalisables. C'est du CRM one to one qui va encore plus loin que ce qui a été bâti avec le mobile. Jackpot pour les fabricants d'objets, donc, mais aussi pour ceux qui hébergent leurs données (mais à qui appartiennent-elles vraiment ? à l'utilisateur, au service cloud, au fabricant ?), et les aident à les exploiter. On comprend mieux pourquoi les géants de web tentent d'imposer leur OS : il s'agit d'un cheval de Troie pour développer leurs offres cloud. Derrière Windows embedded compact, par exemple, se trouve Microsoft Azure, la solution de cloud de Microsoft pour traiter les données.

Chacun des OS des géants du web contient des passerelles vers leurs propres plates-formes de cloud. Pour Google aussi, bien qu'il s'en défende, il s'agit de collecter le maximum de données toujours plus près de l'utilisateur. C'est le sens de l'acquisition de la start-up Nest, qui fabrique des thermostats intelligents pour la maison (disposant d'ailleurs de leur propre OS), pour plus de 3 milliards de dollars. Avec Android dans les smartphones, sa déclinaison wear pour les technologies à porter, le système Nest dans les maisons, Android dans les voitures, Google veut rester le socle de référence de tous les champs de la vie numérique pour proposer des offres et services toujours mieux ciblés, que ce soit pour le grand public, les industriels... et les annonceurs. Windows met en oeuvre la même stratégie et vient d'annoncer un partenariat dans la domotique avec Insteon. L'OS seul n'a pas grand intérêt commercial mais c'est l'un des éléments-clés de la chaîne de valeur, la porte d'entrée vers une multitude de services associés, dont le cloud.

Tous les autres acteurs de la filière, comme Intel, Cisco, intègrent la question de l'OS dans une chaîne plus globale dans laquelle la donnée a une importance capitale. C'est bien la combinaison entre le hardware, le software, le cloud et les services qui promet de générer espérer d'importants revenus, et non sur un échelon seul. Exemple de cet effet domino espéré ? Le fondateur de Nest Tony Fadell s'attend à ce que les revenus indirects, liés aux services et à l'utilisation des données, dépassent rapidement ceux liés aux ventes de ses thermostats et détecteurs de fumée. Mais il faut pour cela que le parc d'appareils installés atteigne une taille critique. Conclusion : l'objet n'est donc qu'un moyen, et non une finalité, pour atteindre d'autres marchés plus vastes, ceux des services ultra-personnalisés grâce à l'analyse fine des données. La start-up toulousaine Sigfox est sur tous les fronts en ce printemps. Après avoir bouclé une troisième levée de fonds, recruté Anne Lauvergeon pour diriger son conseil d'administration, l'étoile montante de la filière française de l'internet des objets vient de signer un contrat majeur avec la société britannique Arqiva (ancienne division de la BBC). L'opérateur d'infrastructures télécom et fournisseur de services média sera chargé de déployer le réseau UNB (ultra narrow band) du Français au Royaume-Uni, mais aussi de commercialiser l'offre de Sigfox auprès des professionnels de la filière de l'internet des objets. Comme en Espagne, où nous avons conclu un accord avec l'opérateur Albertis Télécom, nous avons privilégié un modèle de partenariat pour aller très vite, précise Thomas Nicholls, directeur marketing de Sigfox.

L'objectif est de faire grandir le réseau de transmission dédié à l'internet des objets le plus rapidement possible. D'autres annonces de ce type sont attendues dans les prochaines semaines. Parallèlement, Sigfox connecte des zones à fort potentiel pour faire connaître sa technologie. Les villes de Munich, en Allemagne, et Milan, en Italie, sont ainsi couvertes. Sigfox voit plus loin, et compte déployer son réseau dans la Silicon Valley. Tout est déjà prêt à San Francisco, ne manque plus que le feu vert des autorités américaines, qui devrait intervenir dans les prochaines semaines. L'objectif de faire de la pédagogie autour de notre solution pour construire un écosystème autour, explique Thomas Nicholls. Petit à petit, Sigfox complète son projet de bâtir une infrastructure mondiale - peut-être un futur standard de l'internet des objets géré depuis l'Europe. A quelques jours du salon professionnel de l'électronique IFA, à Berlin, le fabricant français Archos a dévoilé, le 27 août, une pléiade de nouveautés.

Deux smartphones, une tablette, une station météo, mais surtout un accessoire en laine blanche qui risque de faire fureur chez les hipsters cet hiver : le bonnet connecté avec écouteurs intégrés pour profiter de la musique embarquée sur son téléphone, les oreilles au chaud. Baptisé Music Beany et commercialisé au prix de 29 euros, le bonnet se connecte au smartphone via Bluetooth et sera compatible iOS, Android et Windows Phone. Peut-on imaginer un duopole dans les systèmes d'exploitation pour objets connectés, à l'image de celui qui régit le monde des smartphones avec Apple et Android ? Certains l'imaginent et l'appellent de leurs vœux, pour que le monde des objets connectés passe un cap à travers cette standardisation. Mais la route est longue... Dans une dizaine d'années, les objets connectés tourneront-ils sur un ou deux systèmes d'exploitation de référence, le reste des acteurs se partageant les miettes du marché ? Ce schéma, semblable à celui régissant le marché des smartphones, peut-il se reproduire ?

Dans le cas des smartphones, la famille des produits est dite unifiée : tous partagent plus ou moins les mêmes fonctionnalités. Tandis que le monde des objets connectés regroupe un grand nombre d'appareils aux caractéristiques techniques, aux fonctionnalités, aux capacités, extrêmement différentes. Dans l'immédiat, les fabricants d'objets connectés n'ont pas grand chose à gagner à tout miser sur un seul cheval. Même si Google met un pied dans la technologie à porter avec Android wear, que Windows embedded a de grandes ambitions, et qu'Apple va probablement construire un écosystème autour de sa future montre connectée, ces géants ne représentent pour le moment qu'une petite partie du marché. Le parc d'objets connectés devrait atteindre 26 (selon le cabinet Gartner) à... 212 milliards d'appareils (d'après IDC) en 2020, dont seulement un peu plus d'un milliards de smartwatches selon l'institut NextMarket. Choisir Android n'a du sens que si l'on a une interface directe avec l'utilisateur : un écran.

On hérite alors de toute l'expérience accumulée sur la gestion des interfaces graphiques par le biais d'API très simples, analyse Marc de Courville, directeur technique d'Archos. Mais pour un capteur qui ne fait qu'enregistrer la température ou l'humidité, où il n'y a pas besoin d'interface tactile, graphique, il y a des solutions beaucoup plus légères et mieux adaptées, qui vont garantir une consommation beaucoup plus faible. Je pense donc que beaucoup d'acteurs subsisteront. Fred Potter, PDG de Netatmo, fait le même constat : les objets comme le thermostat Netatmo n'ont pas nécessairement vocation à tourner sous Android, iOS ou Windows, car ils n'en tireraient aucun profit, et les clients non plus. Mais pour les objets avec écrans, il serait absurde de re-développer un OS de zéro alors que Google, Apple ou Microsoft ont développé des solutions très efficaces. Il faudrait déployer beaucoup de moyens pour développer son propre OS avec le même niveau de qualité qu'Android. Même Samsung fait le choix d'adopter massivement Android plutôt que son propre OS, c'est dire, glisse Fred Potter. L'avance d'Android, d'Apple avec iOS et, dans une certaine mesure, de Windows dans les smartphones pourrait donc être mise à profit dans le segment des objets connectés avec écrans : montres, voitures, bracelets. BlackBerry, via sa solution QNX et Samsung, avec Tizen, demeurent en embuscade. Mais l'immense majorité des objets connectés actuels et à venir ne possèdent pas d'écran. Sur ce créneau surchargé, la bataille est beaucoup plus ouverte. Faute de solution adaptée, les fabricants ont jusqu'ici conçu leur propre OS sur mesure, en fonction de leurs besoins.

Des OS ont également émergé comme Contiki, TinyOS ou Free RTOS (qui équipe la montre Pebble et la station météo Netatmo, par exemple). Les concepteurs de processeurs et microcontrôleurs, conscients des limites du software, tentent aussi de développer leurs propres solutions. Intel ou Texas instruments travaillent à leur propre OS ou soutiennent des OS tiers. Intel propose la solution VX Works de Wind river ou wIOS de Winzent, par exemple. On peut aussi citer l'OS open source d'origine européenne RIOT, qui peut faire tourner une large palette d'objets, l'HeartbeatOs de Paqet Systems, conçu pour fonctionner de concert avec des microprocesseurs ARM, ou encore l'OS français pour systèmes embarqués Lepton conçu par o10ée (prononcez odyssée). Google, via Android, et Microsoft, avec Windows embedded, ne vont pas rester absents de cet énorme marché très longtemps. La version 2013 de Windows embedded compact a été conçue pour répondre aux problématiques de l'internet des objets, alors que jusqu'ici Microsoft visait plutôt l'informatique embarquée. Android wear n'a pas vocation non plus à se cantonner aux montres connectées. Ce n'est probablement qu'une question de temps avant que les géants des smartphones ne mettent leur grappin sur le marché. Et ce ne serait pas forcément une mauvaise chose, considèrent certains acteurs de la filière.

Un OS générique aurait du sens pour réduire délais et coûts de développement, juge Frédéric Salles, président de Matooma, société française spécialisée dans la connectivité M2M par cartes Sim. Actuellement, les industriels sont obligés de créer de toutes pièces leur propre OS ou d'en adapter un, ce qui allonge les délais de commercialisation des produits. Ils sont obligés de tout développer sur-mesure, de partir à chaque fois de zéro, ou presque. Avec un OS unique, il suffirait de coder une seule fois pour porter une application sur une multitude d'objets. Les développeurs pourront se concentrer sur ce qu'ils savent faire de mieux – coder des applications – et laisser le soin à quelqu'un d'autre de bâtir le socle qui va interfacer avec le hardware, estime Emmanuel Baccelli, chercheur à l'Inria. Cela nous permettra d'innover sur d'autres domaines à plus forte valeur ajoutée au lieu de se battre à chaque fois pour refaire une brique essentielle, acquiesce le CTO d'Archos. Ça peut libérer la créativité des développeurs, comme on l'a vu sur le marché des smartphones, ajoute Alban Clochet, co-fondateur de l'agence Labcity, spécialisée dans les objets connectés. L'offensive d'Apple, avec un possible bracelet connecté, pourrait aussi induire une autre forme de standardisation, et déplacer la bataille du terrain du hardware à celui du software.

C'est d'ailleurs le mouvement opéré par Nike, qui ne fabriquera plus ses propres bracelets et créera des applications pour les produits Apple. Si cette tendance se confirme, et que des écosystèmes se forment autour d'objets ou d'OS dominants, la filière française des objets connectés, davantage centrée sur le hardware que sur le software, pourrait souffrir. Mais les spécialistes insistent sur un point : à ce stade, difficile de savoir quel scénario l'emportera. Le marché des objets connectés devrait croître de 40% en moyenne chaque année jusqu'en 2020, selon les prévisions de l'Idate. Une manne que ne veulent pas laisser passer les groupes qui dominent le marché des smartphones, comme Google ou Apple. Peuvent-ils étendre leur domination au marché des objets connectés et y imposer leurs propres systèmes d'exploitation? Y'a-t-il de la place pour de nouveaux acteurs ? L'Usine Digitale présente les enjeux de la bataille annoncée des OS des objets connectés. Illustrations : Florent Robert Pour promouvoir son système d'optimisation du sommeil Aura, Withings lance une campagne incitant à troquer son réveil à l'alarme stridente contre une station Aura. Bien que l'invitation soit tentante, le prix du dispositif high tech (299 euros) pourrait faire l'effet d'une douche froide matinale.

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